21 novembre 2006

Ce moment-là

Je rentre de mon cours de peinture, il est 22h30, j'ai les orteils gelés et les talons en feu, je suis fatiguée (je me suis mis l'alumette dans la bouche pour allumer ma clope), j'ai faim, mais Boudiou !

Ce moment ! Ce moment où je rentre dans ma peinture, ce moment où j'oublie tout, ce moment où rien d'autre n'existe que l'espace entre ces deux objets que je peins, que la couleur qui se révèle, un peu plus sombre, un peu plus transparente, un peu plus verte, qui révèle à son tour toutes les autres couleurs, j'ai l'impression qu'elles s'allument une à une sous mes yeux, et ma peinture prends corps !

Mais pourquoi, ce moment, je l'oublie, d'une semaine à l'autre ? Pourquoi suis-je obligée de me botter les fesses, et de me traîner lamentablement jusqu'au boulevard montparnasse ?

Ce moment-là, il n'a besoin d'aucune justification d'aucune sorte, ce moment existe pleinement, pour lui même, il est évident, indiscutable. C'est pas souvent, qu'une chose est évidente. Une fois, l'année dernière, je me suis dit : "je pourrai mourir après avoir posé cette touche de peinture". C'est dingue ! C'est génial.

Je ne dis pas que ces moments sont les seuls qui me font cet effet-là. Non non, il y aussi, parfois, souvent même, des moments avec les gens que j'aime qui sont limpides, et indiscutables. La vie, c'est pour ces moments-là.

(Youp, la, boum...)

20 novembre 2006

J'ai les nerfs en pelote

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17 novembre 2006

Hier, dans ma boîte aux lettres...

Merci* !

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15 novembre 2006

Pour le plaisir des yeux

rhhhaaaaaa
c'est trop

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Paul Cezanne

Ménagerie

En trois jours,  j'ai dessiné (et peint) :

une famille de loutre en tenue de bain assez ridicules (les loutres et la tenue de bain)

un ogre avec plein de bras et plein de yeux qui me faisait peur au début et qui maintenant me fait rigoler

une tête de cheval en plâtre avec des livres et du tissu et un truc en bronze, ah oui, et des pommes aussi.

Je vais devenir dingue !!

13 novembre 2006

Soutien moral

Par la grâce divine, j'ai du pain sur la planche en illustration (je m'extasierai publiquement et plus longuement quand ce sera sûr de chez sûr - vous objecterez avec raison que les lecteurs de ce blog font majoritairement partie de ma sphère privée, soit, mais prudence et sagacité font plus que pétage de plomb ni que précipitage, comme dirait l'autre).

Donc, j'ai du boulot. Mon chat, mon très cher chat, mon précieux compagnon, a décidé d'y mettre du sien, de faire corps avec mon projet.

Je sors un carnet de croquis, il s'y étale aussi sec, de tout son long bien sûr, pourquoi faire dans la demi mesure ?

Je déballe ma grande boîte de crayon, il s'y allonge : c'est vrai, c'est amusant, tous ces crayons alignés, ça fait comme un tapis roulant.

Je pose un pinceau dans un verre d'eau, il le grignote amoureusement.

Je laisse une gomme posée sur la table, il lui prête vie en lui faisant faire de multiples rebonds.

Je pose un crayon, il teste sa resistance en le faisant rouler impetto  vers le bord de la table, puis le regarde tomber.

Vous avez besoin de votre briquet, pour allumer une cigarette bien méritée ? Ne cherchez plus ! Soulevez votre chat, il le garde en sécurité !

Vous vous préparez une petite collation pour vous redonner des forces ? Vous pouvez compter sur votre animal préféré pour goûter en toute discrétion la qualité de ce que vous allez manger ! 

Un léger laisser-aller, un manque de dynamisme ? Votre chat redonnera du peps à votre imagination en sautant de manière totalement imprévue sur votre bureau !

Sachez être reconnaissant, ne le poussez pas à bout, il pourrait perdre patience et vous punir d'un coup de griffe...

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12 novembre 2006

Là-haut sur la montagne

Les deux derniers croquis viennent de mes vacances de juillet dans les Pyrénées.

Une petite semaine en solitaire, enfin, en mi-solitaire... un carnet de croquis sous le bras, c'est un sacré compagnon.

Je me suis même trimbalé son grand frère le carnet aquarelle, qui n'a pas vu du pays, le pauvre... Une petite voix me tanait à sortir les pinceaux, mais une autre résistait, me disait, non, tu vas faire du coloriage (alors, ça bouhhhh, pas beau) ; j'avais aussi envie de croquer plein d'endroits, et non m'installer avec tout le matériel, et le stress du beau papier. Mon p'tit carnet, c'était parfait.

Et puis Cezanne, à travers un journal que m'avait prêté une hôte du gîte, m'avait déjà donné un conseil sur la façon d'aborder la peinture, mais ça marche aussi pour le dessin, d'une montagne. Je venais de rater complètement le croquis de la vue depuis la terasse du chalet, et je lis ceci : "Longtemps je suis resté sans pouvoir, sans savoir peindre la Sainte-Victoire, parce que je l'imaginais l'ombre concave, comme les autres qui ne regardent pas, tandis que, tenez, regardez, elle est convexe, elle fuit de son centre. Au lieu de se tasser, elle s'évapore, se fluidise. Elle participe toute bleutée à la respiration ambiante de l'air." Voilà, c'était EXACTEMENT à cause de cette confusion concave-convexe que j'avais raté mon dessin. Quand je dis raté, c'était vraiment raté : ce qui devait être en creux, dans l'ombre, donnait l'impression d'être devant, et vice-versa. Erreur très instructive ! Comme un professeur qui nous disait à l'école : "vous venez de dire une énorme bêtise, mais cette bêtise est très intéressante !".

Bref, le dessin, pour moi, à ce moment-là, le reste, on verra plus tard.

J'avais suffisemment à faire : je croisais sans cesse des paysages différents, des animaux (brebis, vaches, taureaux, chevaux, vautours, marmottes, ânes...), des gens, du moi-même...

Charlie se trouvait (et doit se trouver encore) au cirque de Troumouse,

Charlette, dans le parc national des pyrénées, derrière une toue, petit abri construit autours d'une roche pour protéger les bergers en cas d'intempérie.

Et Flou, que voici, dans l'enclos derrière le gîte

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Trouvez Charlette

Meuhhhh

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10 novembre 2006

Trouvez Charlie

Bêêêêêê

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Une petite chose minuscule de deux semaines

Aujourd'hui on m'a mis dans les bras un ptit bout d'humain riquiqui.
Alors oui, je sais, tout le monde m'attend au tournant. "Béatrice, avec un bébé, gna gna gna..."

Mais d'abord, moi, j'suis pas habituée, ça m'a fait un peu peur : c'est tout petit, c'est fragile, c'est tout mou mais ça casse quand même.
Je l'ai tenu, allez, 5 minutes : un ptit biberon, le bras qui s'engourdit pour cause d'empotage et crispation totale. Je le rends, tiens, c'est à toi, moi je sais pas trop quoi en faire.

Et puis, punaise, je suis toute émue, discrètement, mais toute émue. Je me souviens de l'odeur, des yeux perdus de cette petite chose calée sur mon bras, fripée, et qui respire, en miniature. J'avais l'impression d'avoir des yeux gigantesques. C'est difficile à décrire. C'est un petit d'homme, et c'est tout chaud.

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