22 juin 2007

Niquedouille ou Pendard ?

Il est
Deux heures
Et tout
Va bien !
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Bon, je ne dors pas... je ne dors pas ! Ce n'est pas si grave. Ce n'est même pas totalement désagréable. Je pense, je pense, je m'entends penser. J'ai cette impression d'être une salle de cinéma déserte dans laquelle tourne une bobine, seule et qui résonne, comme dans la scène presque finale de Meurtre Mystérieux à Manhattan, de Woody Allen. D'ailleurs, ce film, quel bijou ! Une petite merveille de légereté intelligente.
Des scènes passent, dans ma tête. Comme après un film ou un livre que j'ai aimé, et dont je n'ai pas encore envie de me séparer, je fais revivre quelques scènces, récentes d'abord, puis, par association, plus anciennes. Et l'écheveau se densifie, et le temps passe, et je ressens ce petit plaisir du sommeil buissonier.
Quand la bobine de la journée est arrivée à sa fin, un petit temps mort survient, soustitré d'un "il faudrait que je dorme". Un petit silence, et la bobine, la même, se réenclenche, mais les associations diffèrent et m'emmènent vers d'autres souvenirs, d'autres réfléxions.
Je sais bien que le temps ne s'arrête pas pour autant ; je sais bien qu'il semble suspendu au silence de la ville, je sais bien que j'essaie, même si j'ai vraiment besoin de ce repos que je repousse, de grignoter, de pousser des épaules les bords si peu élastiques de nos journées.
Tant pis ! Ces moments si étouffants d'intimité sont fertiles, sont miens.

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